Dans l’histoire moderne de la spiruline, un nom marque un tournant décisif après les observations ethnologiques de Max-Yves Brandily : Jean Léonard.
Sans lui, la spiruline serait peut-être restée une curiosité locale, avec lui, elle entre dans la science moderne.
Une galette verte qui intrigue un botaniste
Au milieu des années 1960, Jean Léonard, botaniste belge en mission en Afrique centrale, observe sur les marchés locaux des galettes vert-bleu inhabituelles.
Ces galettes sont vendues sèches, proviennent du Lac Tchad et sont appelées dihé. Intrigué par leur couleur et leur usage alimentaire, Léonard décide d’en analyser la composition. Ce geste simple va changer l’histoire de la spiruline.
L’identification scientifique : Arthrospira platensis
Les analyses révèlent que ces galettes sont constituées d’une cyanobactérie appartenant au genre : Arthrospira platensis. Cette identification est capitale.
Elle établit officiellement que : la spiruline est consommée traditionnellement en Afrique, il ne s’agit pas d’une simple matière végétale indéterminée, cette cyanobactérie possède un profil nutritionnel remarquable.
La spiruline quitte alors le domaine de l’ethnologie pour entrer dans celui de la botanique et de la biochimie.
Pourquoi cette étape change tout
Avant Jean Léonard, la spiruline est observée (Brandily), son usage est documenté, mais son identification scientifique reste imprécise. Après Jean Léonard, la spiruline devient objet d’étude nutritionnelle, ses teneurs en protéines sont analysées et son potentiel alimentaire attire l’attention internationale.
Il crée un pont inédit entre : Tradition africaine ↔ Botanique ↔ Nutrition moderne
Un contexte mondial stratégique
Les années 1960 sont marquées par des inquiétudes croissantes concernant les pénuries alimentaires mondiales. La confirmation scientifique de Léonard ouvre la voie: aux travaux de Ripley Fox,aux premières cultures expérimentales, à la reconnaissance internationale de 1967.
C’est à partir de cette période que la spiruline commence à être qualifiée de :
“wonderful future food source”
Du marché local à la recherche mondiale
L’apport de Jean Léonard transforme profondément la perception de la spiruline. D’un aliment traditionnel local, elle devient une ressource nutritionnelle stratégique mondiale.
Son travail contribue à donner à la spiruline : une traçabilité historique claire, une base scientifique solide, une légitimité académique
Ce que cela signifie aujourd’hui
Pour les professionnels de la nutrition, l’usage alimentaire de la spiruline est historiquement documenté, sa consommation traditionnelle précède son exploitation commerciale, elle ne constitue pas une innovation artificielle récente, c'est un aliment naturel. L’histoire montre que la spiruline s’inscrit dans une continuité culturelle et scientifique.
En résumé
Dans les années 1960, Jean Léonard identifie au Tchad la spiruline comme Arthrospira platensis. Cette confirmation scientifique déclenche un intérêt nutritionnel international. Sans Jean Léonard, la spiruline serait peut-être restée une curiosité ethnologique. Grâce à lui, elle entre pleinement dans la recherche moderne.