La spiruline n’est pas une algue marine : pourquoi il faut mieux la nommer

La spiruline n’est pas une algue marine : pourquoi il faut mieux la nommer

Dire que la spiruline est une algue marine, c’est un peu comme appeler une tomate un légume : tout le monde comprend, mais scientifiquement, c’est maladroit.

C’est comme ranger une abeille avec les oiseaux parce qu’elle vole. La spiruline vit dans l’eau et fait de la photosynthèse, mais ça ne suffit pas à en faire une algue marine.

C’est comme appeler un dauphin un poisson parce qu’il nage. La forme trompe, la biologie corrige.

La spiruline est victime d’un raccourci de langage : parce qu’elle est verte, aquatique et photosynthétique, on l’a rangée dans le tiroir “algues”.

La spiruline n’est pas une algue marine mal coiffée.

On l’a mise dans la famille des algues comme on mettrait le miel au rayon confiture : l’usage se comprend, mais la nature du produit n’est pas la même.

La spiruline, ce n’est pas une salade de mer. C’est une bactérie photosynthétique alimentaire. Un organisme ancien, microscopique, cultivé en bassin, souvent en eau alcaline.

Le problème, ce n’est pas seulement le mot “algue”. C’est tout ce qu’il entraîne derrière : imaginaire marin, réglementation marine, confusion produit, et parfois mépris médiatique.

Mettre la spiruline dans les algues marines, c’est comme juger un couteau suisse avec les règles d’une fourchette. Ça ressemble vaguement à la même famille d’objets, mais on passe à côté de sa vraie nature.

La spiruline française ne vient pas d’un rocher battu par les marées. Elle vient de ferme solaire couvant des bassins, d’un savoir-faire, d’un équilibre entre lumière, eau, minéraux, récolte et séchage.

On a collé la spiruline aux algues marines par paresse administrative et imaginaire collectif. Pourtant, elle n’est ni une algue, ni marine : c’est une cyanobactérie alimentaire, une bactérie photosynthétique cultivée pour sa densité nutritionnelle.

Alors nous, producteurs de spiruline français, nous sommes soumis à un cadre qui inclut maladroitement la spiruline dans l’univers des “algues marines”.
Depuis bientôt une décennie.
Quand est-ce qu’on change ? Quand est-ce qu’on accepte de faire un tiroir spécifique pour la spiruline ?

Un cahier des charges adapté. Un cadre qui respecte ce qu’elle est vraiment. Parce que bien nommer les choses c’est le début du respect.

Respectons la spiruline pour ce qu’elle est : La spiruline, c'est une culture au sens propre et au figuré. "Etre un Producteur à la française", cela a un sens, dans le monde de la spiruline. En France nous n'avons pas de pétrole mais nous avons une culture et c'est aussi valable pour le monde de la spiruline, nous sommes différents, alors commençons par bien la nommer.

Pourrait-on avoir un tiroir administratif adapté à nos besoins ?

Respectons la spiruline pour ce qu’elle est : une cyanobactérie alimentaire, cultivée avec soin, par des producteurs qui travaillent à la frontière de l’agriculture, de l’aquaculture, de la microbiologie et de la nutrition.

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